Bientôt des F1 électriques ?

Mutation logique pour les éco-citoyens, crime de lèse-majesté pour les puristes, le verdissement de la Formule 1 est plus que jamais dans l’air du temps. Évoquées dans ces colonnes en décembre dernier à la suite de la dernière réunion annuelle du Conseil Mondial du Sport Automobile (CMSA), des réformes majeures sont prévues pour la saison 2013, à savoir un remplacement des moteurs V8 actuels par des V4 1,6 litres turbocompressés, substitution qui permettrait une réduction notable de la consommation de carburant de 35 % sans toutefois porter atteinte aux performances des monoplaces et qui irait de pair avec l’installation de « systèmes avancés de contrôle et de récupération de l’énergie ».

Deux mesures qui n’ont pas fini de faire couler de l’encre et qui traduisent « la volonté de la Fédération internationale automobile (FIA) de mieux intégrer le développement durable et de tenir compte des impératifs de l’industrie automobile », avait commenté ladite Fédération fin 2010. Ainsi qu’il l’a confié à nos confrères du Financial Times dans une interview abondamment relayée sur la Toile, son président Jean Todt est même partisan de nouvelles compétitions regroupant des modèles tout-électrique d’ici deux ans, avec à terme un championnat du monde de F1 « propre ». Une proposition qui a fait bondir le magnat britannique Bernie Ecclestone, dans le circuit depuis le début des années 1970, et que l’ancien directeur de la scuderia Ferrari a justifié par la nécessité d’inciter les usagers à investir dans des véhicules décarbonés. Compte-tenu de la notoriété de la Formule 1, une telle révolution pourrait en effet être un formidable accélérateur pour cette technologie encore embryonnaire à l’échelle mondiale par rapport à son aînée thermique.

Les velléités du patron de la FIA ont par ailleurs été approuvées par le Commissaire européen à l’Industrie Antonio Tajani, avec lequel il s’était entretenu en décembre et qui est lui aussi partisan d’un déferlement de voitures zéro émission sur les routes continentales. Le plus difficile reste cependant à faire : convaincre McLaren et consorts d’adopter une motorisation électrique, étant entendu qu’aucune monoplace qui en a été pourvue n’a encore été en mesure de reproduire les accélérations d’une monoplace « standard ».

M. Todt plaide pour la création de championnats de voitures « vertes » « aussi vite que possible ». « L’une des priorités de mon mandat est de donner une impulsion concrète à l’ultime conversion de l’industrie automobile européenne », a-t-il résumé. Certains conservatismes devront pour ce faire être bousculés. Les exemples du Trophée Andros et du Rallye de Monte-Carlo des véhicules à énergie alternative donnent néanmoins à penser que la tâche n’est peut-être pas insurmontable.

 

Crédit photo : flickr – Max Bosio
Article original tiré de www.zegreenweb.com

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