Bilan 2010 et perspectives 2011 de la mobilité automobile

L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise réunissait la semaine dernière de nombreux professionnels du secteur de l’automobile, des cabinets d’études ou encore des sociologues, afin d’échanger autour du marché du véhicule. A l’heure où le secteur motorisé est le seul à ne pas avoir diminué son empreinte écologique, que ce soit au niveau mondial ou au niveau français, le monde de la mobilité automobile est en pleine mutation.

Nombreux sont les facteurs de tous ces changements : hausse du prix du pétrole, congestion urbaine, pollution…

Quel est le bilan de la mobilité en 2010 et quelles nouvelles perspectives sont envisagées pour nous assurer un meilleur confort en ville ?

Les tendances du marché automobile mondial s’inversent

Au niveau mondial, le marché de l’automobile à battu son record historique et ne s’est jamais aussi bien porté qu’en 2010. Bien que certains marchés arrivent à saturation, comme celui du Japon, de l’Europe ou encore des Etats-Unis, d’autres sont en pleine croissance notamment dans les zones émergentes et de transition. La Russie, la Chine, l’Inde… représentent ainsi l’essentiel de la croissance. La Chine connait une fulgurance de son marché avec une croissance de 30% à 50%. En vue de son potentiel démographique, elle se dote actuellement de capacité de production de 40 millions de véhicules pour son propre marché, mais aussi pour l’export. La croissance des ventes est prévue dans les campagnes et ne sera plus restreinte aux zones côtières, qui elles commencent déjà à être saturées (lire article ‘Pékin : la capitale où il fait le moins circuler en voiture’). Les Etats-Unis et l’Europe ne connaîtront certainement plus de records, et le Japon voit déjà ses ventes de véhicules diminuer progressivement depuis 1990.

Le marché de la voiture en France

Le marché de l’automobile en  France ne va cesser de reculer. Les chiffres de 2011 devraient être encore corrects, ceux-ci résultant des commandes de 2010 qui continuent à être livrées. Le volume sera moindre alors que la valeur augmentera. La voiture sera de plus en plus chère à l’achat mais beaucoup plus économe à l’utilisation. Un nouveau relent du marché est prévu en 2013 et 2014, certainement en coïncidence avec l’arrivée de la voiture électrique. Le marché du service de la mobilité va quant à lui prendre de plus en plus d’ampleur. La mobilité globale a toujours augmenté en France grâce aux transports en commun qui en ont assuré la croissance.

La voiture, une question de génération ?

Les jeunes générations s’équipent moins, mais c’est davantage une question économique qu’une question de changement de comportement. Aujourd’hui, une personne de 30 ans est moins équipée en automobile qu’une personne de 30 ans il y a 30 ans. En 2010 en France, l’âge moyen du premier achat d’un véhicule neuf était de 51 ans.

Diverses raisons expliquent ce phénomène : de 1995 à 2008, l’ensemble des coûts liés à la voiture (assurance, entretien, parking, péages…) n’a cessé d’augmenter. Les critères d’achat ont également évolué. Désormais, les 3 derniers critères d’achat sont le caractère novateur du véhicule, l’image de soi en terme de personnalité que peut refléter la possession d’un véhicule, et l’image de soi en terme de niveau de vie. Ces 3 critères ont laissé la place au prix d’achat du véhicule, au coût d’utilisation et à la sécurité physique. C’est pourquoi, nous pouvons présager de nombreuses innovations dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et de la propulsion de l’automobile.

De plus, il a été identifié que nous prêtons et prêterons de plus en plus attention à l’usage et non plus à la possession, d’où les nouvelles mobilités partagées (covoiturage, autopartage, vélo en libre service…).

Concernant les générations des seniors et grands seniors, le marché de l’automobile a encore un bel avenir. Les personnes arrivant à l’âge de la retraite sont issues d’une génération de banalisation de la voiture. De plus, la population vieillissant et étant en meilleure santé qu’auparavant, les seniors et grands seniors devraient être de plus en plus à acheter des véhicules.

Vers une ère de l’urbanisation et une meilleure gestion de ses déplacements

D’ici 2040, 66% de la population mondiale sera urbaine. Autant dire qu’une meilleure rationalisation des déplacements sera indispensable. La ville a été façonnée par la voiture, c’est indéniable. Mais aujourd’hui, l’urbanisation ne cessant de croitre, l’accès aux villes par la voiture est de plus en plus difficile, pour cause la congestion urbaine. Cependant, cette croissance de l’urbanisation va pouvoir rendre possible cet usage rationnel et plus ou moins rare de la voiture. Cette utilisation se fera par les services de professionnels mais aussi entre particuliers : le covoiturage, les transports en commun, l’autopartage, l’autopartage entre particuliers… Les réseaux sociaux joueront un rôle important dans l’émergence de ces nouvelles mobilités partagées, notamment dans le fait de les rendre dynamiques, c’est-à-dire en temps réel.

La volonté des collectivités et des privés favorisera aussi tous ces nouveaux usages. De nombreuses initiatives existent déjà : les vélos en libre service dans plus de 30 villes de France, les services d’autopartage qui se multiplient, les zones 30 urbaines qui s’étendent…

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