Indemnité kilométrique : vélo, boulot, banco !

A l’été 2014, la Coordination Interministérielle pour le Développement de l’Usage du Vélo (CIDUV) lançait, sur la base du volontariat, l’expérimentation des indemnités kilométriques vélos. L’ADEME vient d’en livrer les premiers résultats.

L’analyse portait sur trois indicateurs : les impacts sur la pratique du vélo, les impacts sur la santé au travail et les conditions de mise en œuvre de l’indemnité kilométrique.
En synthèse, l’expérience s’est traduite par un doublement du nombre d’utilisateurs du vélo dans les entreprises concernées* et une augmentation de 50% à 70% de la part modale du vélo, qui était au départ de 2,1%. ces chiffres semblent indiquer que l’incitation financière présente un réel effet déclencheur. L’ordre de grandeur est de 50 euros par mois pour un trajet quotidien aller-retour de 10 km par jour. Il s’agit d’ailleurs du plafond choisi par les entreprises participantes.
En théorie, ce gain de 50 euros par mois pourrait se cumuler avec les économies liées à une moindre utilisation de la voiture individuelle. En réalité, cela n’a été le cas que dans une faible proportion des cas, compte tenu du fait que l’essentiel des bénéficiaires de l’indemnité utilisait déjà un mode alternatif qu’il s’agisse du covoiturage (19%) ou des transports en commun (54%).
Par ailleurs, les effets sur la santé ne sont pas à démontrer, si l’on considère que le report vers le vélo permet de réduire de moitié les personnes présentant une activité physique insuffisante.
Chez Altermove, nous pensons que l’impact des conditions météorologiques sur l’usage du vélo devrait inciter le législateur à opter pour la modalité suivante : cumul partiel possible de l’indemnité de transports en commun et de l’indemnité kilométrique vélo, via un système de forfait. Pour simplifier administrativement et économiquement la mise en œuvre concrète de cette formule  dans les entreprises, une exonération des cotisations salariales et patronales doit à notre sens s’imposer.
Une fois intégré Code du travail, ce dispositif devrait reposer sur le volontariat des entreprises. Cela présentera l’avantage de permettre aux entreprises de choisir leurs priorités en matière de développement durable de façon à mener une politique cohérente en la matière.
Quoi qu’il en soit, nous avons la conviction qu’il existe en matière d’usage du vélo urbain et du vélo électrique des « effets de cliquet », inhérents au bénéfice santé/bien-être, bien plus pérennes que la simple motivation financière. Dans cette optique, la mise en place de l’indemnité kilométrique peut être regardée le cas échéant comme une étape d’incitation transitoire de la part des entreprises, avant de ré-allouer les ressources à d’autres objectifs relevant de la responsabilité sociale et environnementale.
Altermove Pro dit : « vélo, boulot, banco » !
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*Pour mieux comprendre l’expérimentation :
10.000 salariés au total ont participé à l’expérimentation, dont la moitié chez MMA dans plusieurs régions. Pour le reste, les entreprises étaient de tailles diverses, réparties de façon assez homogène sur le territoire national.
Les indemnités obéissaient aux principes suivants : soumises à la part salariale et patronale des cotisations sociales, elles s’élevaient à 25 centimes du kilomètre, soit de l’ordre de 43 centimes chargés pour l’employeur. Par ailleurs, cette aide n’était pas compatible avec la prise en charge des abonnements de transport par l’employeur, exception faite des trajets dits multimodaux.

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