La SNCF veut devenir un opérateur d’éco-mobilité


Lors d’une rencontre avec ses clients, hier soir à Paris (« Rendez-Vous clients 2011″), la SNCF a présenté ses projets dans le domaine de l’éco-mobilité. Avec des initiatives pour favoriser le covoiturage ou l’utilisation du vélo pour aller prendre le train, la compagnie ferroviaire entend désormais accompagner ses clients de « porte à porte » dans leurs voyages, et plus seulement de « gare à gare », dans une optique de « mobilité durable ».

A travers son fonds d’investissement EMP (Eco-Mobilité Partenaires)*, la SNCF est notamment associée avec Green Cove et le site 123envoiture.com pour afficher en gare les offres de covoiturage, sur les écrans. Depuis leur téléphone portable, les passagers peuvent également prendre connaissance des offres disponibles aux prochains arrêts grâce à la mise en place d’un portail mobile. Ce service est actif en Ile-de-France (Transilien dans 347 gares) et en Franche-Comté avec le TER.
Liens :

http://covoiturage.transilien.com/

http://www.123envoiture.com/

Toujours en matière d’automobile, la SNCF souhaite développer l’auto partage. Elle s’est ainsi associée avec la Région Languedoc-Roussillon et Modulauto afin de mettre en place une formule combinant TER et autopartage dans les villes de Narbonne, Montpellier et Nîmes. Avec l’offre Modulauto Liberté, les usagers du train régional bénéficient d’un accès à tarif préférentiel au service d’autopartage – un dispositif de location de voiture à très courte durée (à partir d’une heure). Ce service est accessible en libre service 24h/24 et 7j/7 grâce à un badge RFID, sur le modèle du Vélib’. Cette solution pratique et écologique est aussi une source d’économies pour ses utilisateurs. En effet, le prix inclut à la fois le carburant, l’assurance, l’entretien et un abonnement à la place de parking.
Lien : http://modulauto.net/

Une autre expérience innovante est menée à Pau. En 2010, Pau est devenue la première ville de France à intégrer à la fois des vélos (IDEcycle) et des voitures (IDElib’) en libre-service. Le réseau de transports urbains IDELIS de la communauté paloise se trouve désormais aux avant-postes des modes de déplacement alternatifs en associant bus, vélo et autopartage. Douze voitures et 220 vélos sont accessibles à proximité des lignes de transport en commun, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Lien : http://reseau-idelis.com/

Autre exemple : l’accompagnement du véhicule électrique. La SNCF commence à installer des prises de recharge sur ses parkings, en vue de l’arrivée des premiers modèles zéro émission. Le transporteur ferroviaire a pour projet d’aménager des places spécifiques dans deux gares parisiennes pour accompagner le lancement d’une nouvelle compagnie de taxis électriques dans la capitale. Il s’agit de la société STEP (Société de Taxis Electriques Parisiens), à qui le fonds EMP envisage de donner un coup de pouce.

Les initiatives concernent également le vélo. Aujourd’hui, la part des usagers de TER venant à la gare en bicyclette est de 2% mais le chiffre pourrait atteindre « 8% dans 10 ans », a estimé Bernard Emsellem, directeur général délégué Ecomobilité à la SNCF. La compagnie va étendre à de nouvelles régions le dispositif de carte interactive recensant les informations pour les adeptes du vélo, lancée en 2009 en Bretagne et déclinée depuis en Bourgogne et Nord-Pas-de-Calais. Cette carte, disponible sur internet, permet aux passagers de connaître les trains accessibles aux vélos, les aménagements en gare, les loueurs à proximité et les itinéraires cyclables proches des gares.

Le vélo, sous forme de triporteur et en version électrique, est soutenu par le fonds d’investissement de la SNCF. Ainsi, Urban-Cab, opérateur de livraison écologique en centre ville, peut transporter 1,5 m3 de marchandises dans toutes les zones, même les plus saturées et les plus réglementées ! Ambitieuse et robuste, positionnée sur un secteur porteur, la start-up, qui compte déjà FedEX parmi ses clients, a su convaincre Écomobilité Partenaires, qui souhaite accompagner le développement économique de cette société en lien, notamment, avec Geodis.
Lien : http://urban-cab.com/

Le tram-train inauguré sur la ligne Mulhouse-Vallée de la Thur le 11 décembre 2010 illustre une nouvelle façon de se déplacer entre l’urbain et le péri- urbain. À la fois tramway et train régional, le tram-train est conçu pour circuler aussi bien sur les lignes urbaines que sur le réseau ferré national. Le voyageur passe ainsi directement du centre à la périphérie des agglomérations sans changer de mode de transport.
Silencieux et économe en énergie, le tram-train élargit l’offre de transport des collectivités locales et constitue une réponse écomobile au développement et au dynamisme des territoires. C’est un facteur d’attractivité supplémentaire pour les transports publics, et un formidable levier pour améliorer le bilan carbone des transports.

Le train peut devenir lui même plus écologique. Ainsi, dans le cadre du projet Plathée (« Plate-forme pour Trains Hybrides Économes en Énergie et respectueux de l’Environnement »), la SNCF a imaginé avec des partenaires un concept d’engin hybride composé de plusieurs briques technologiques : un moteur diesel « propre » et une pile à combustible qui produisent l’énergie, des supercondensateurs et des batteries qui stockent cette énergie (notamment lors des phases de ralentissement) et la restituent plus tard, et un gestionnaire d’énergie qui orchestre automatiquement le recours aux différents éléments de production et de stockage. Les gains sont de 20 % en consommation de carburant sur les longues distances, 40 % sur les cycles de manoeuvres, et 85 % en stationnement.

Toujours dans une optique de développement durable, la société veut généraliser une éco-conception de ses gares avec « des bâtiments totalement intégrés dans le paysage, construits avec des matériaux locaux, l’utilisation de ressources naturelles pour le chauffage et les énergies (bois, géothermie) ». Une réflexion est aussi engagée sur le smart grid (réseaux intelligents pour l’énergie électrique). Par ailleurs, des outils pour les personnes malvoyantes (traduction sonore des tableaux d’affichage par téléphone) vont également être généralisés.

Enfin, la SNCF prévoit également de lancer, pour la fin 2011, un « éco-calculateur » de poche. Développé avec le prestigieux MIT, il permet, par géolocalisation avec un téléphone portable, de mesurer en temps réel les émissions de CO2 sur un trajet donné, quel que soit leur mode de transport (train, tram, bus, voiture, marche…). Ce projet ambitieux a pour nom « CO2GO ». Lors de son lancement, l’application sera enrichie de fonctionnalités complémentaires : proposition d’itinéraires et de modes de transports associés alternatifs moins « polluants », informations pratiques sur les commerces, les services publics, les parkings, le tourisme…

*Lien : http://www.sncf.com/fr_FR/html/media/CH0001-Le-groupe/BR1134-Fonds-Ecomobilite-Partenaires/MD0005_20101223-Lire-l-article.html

4 Résponses sur “La SNCF veut devenir un opérateur d’éco-mobilité”

  1. [...] This post was mentioned on Twitter by gabriel plassat, Lievre ou Tortue. Lievre ou Tortue said: La SNCF veut devenir un opérateur d’éco-mobilité: Lors d’une rencontre avec ses clients, hier soir à Paris (« Re… http://bit.ly/eB11xa [...]

  2. Ludovic Bu dit :

    Nous étions assis côte à côté lors de la conférence de presse. Retrouvez ce que j’ai vu en lisant mon papier sur le sujet : http://ludovicbu.typepad.com/ludovicbu/2011/01/sncf-naissance-d-un-acteur-majeur-de-l-eco-mobilite-durable-ecologie.html

  3. [...] : Relayée sur Le Lièvre et la tortue, le blog de l’éco-mobilité, la journée que SNCF consacrait à ses clients le 6 janvier dernier (2011) était entièrement dédiée à ses actions et ses objectifs écomobiles. En sortant de [...]

  4. Didier Caron dit :

    Ils leurs reste a adopter le TRIKKE qui est pliable et électrique déjà plusieurs personnes l’utilise en complément du train, bus, voiture,…
    dc@expressions-impressions.com

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