L’auto partage embryonnaire mais prometteur en France

Avec seulement 25 000 adeptes et un chiffre d’affaires estimé à 12,5 millions d’euros en 2010, l’autopartage reste confidentiel mais recèle un fort potentiel en France. A l’horizon 2015, le nombre d’abonnés devrait pourtant atteindre 140 000 personnes et le chiffre d’affaires du secteur être multiplié par six, selon le scénario prévisionnel établi par les experts du cabinet Xerfi.

L’engouement autour du projet Autolib’ à Paris et l’ampleur du phénomène à l’étranger ont mis l’autopartage sous le feu des projecteurs depuis quelques années. Encore modeste, le nombre d’adhérents et de services disponibles en France a déjà considérablement progressé depuis 2007. Et l’avenir pour ce nouveau mode de déplacement s’avère prometteur sous l’effet conjugué de trois principaux facteurs :

- D’abord, une forte demande latente pour l’auto en libre-service qui vise une clientèle urbaine de plus en plus réceptive aux alternatives à la voiture individuelle. Les jeunes générations participent au glissement progressif de la « voiture objet et patrimoine » vers la « voiture service ». Sans oublier que le coût de l’autopartage paraît attractif pour un nombre croissant d’automobilistes. Selon les calculs de Xerfi, le recours à l’autopartage permet de réaliser des économies substantielles en dessous de 3 500 kilomètres par an.

- L’impulsion des pouvoirs publics va favoriser le développement du secteur. Après le vélo en libre-service avec le Vélib’, la ville de Paris se prépare à réitérer la même performance avec Autolib’. Dès sa mise en service fin 2011, Autolib’ doit permettre de quintupler la flotte de véhicules partagés dans la capitale.

- Les prises de position des grands groupes de la mobilité (Veolia Transport, Hertz ou Vinci) continuent à structurer et à industrialiser un marché, longtemps resté l’apanage d’associations et de sociétés confidentielles. Connect by Hertz, qui disposait d’une flotte de 80 véhicules lors de son lancement à Paris en 2008, compte plus de 3 000 abonnés deux ans plus tard.

Malgré le potentiel indéniable de l’autopartage, il reste pour les opérateurs à trouver un modèle économique viable. L’ampleur de l’investissement initial et l’importance des frais fixes imposent en effet aux services d’auto en libre-service d’atteindre une taille critique en termes d’abonnés. C’est le cas d’une poignée d’acteurs seulement. Cela explique combien rares sont ceux à dégager un excédent d’exploitation. A titre d’exemple, Autolib’ devra afficher 200 000 abonnés pour couvrir ses dépenses conséquentes, un objectif qui paraît difficilement accessible à court ou moyen terme.

3 Résponses sur “L’auto partage embryonnaire mais prometteur en France”

  1. Emmanuel dit :

    C’est une bonne initiative, ca va dans le bon sens. Bravo. MAIS je reste sceptique car le puzzle est incomplet:
    Quid de l’intermodalite? Quand chaque mode de mobilite fonctionne en silo, c’est la solution mobilite et surtout l’individu qui est mis en danger. Les ruptures inter mobilite ont encore de beaux jours
    quid du service embarque? Diminiuer le cout pour l’usager, promouvoir l’usage et le pay per use Ok, mais quelle chaine d’information avant et apres ma solution autopartage.
    Tant que les infrastructures et les services de l’etat ne fonctionneront pas en mode horizontal et connecte, c’est a dire comme vous et moi, les avancees pour une ville mobile et fluide resteront a la marge.

  2. [...] l’article original sur le blog Lièvre ou Tortue Laurent Meillaud est journaliste, écrivain et consultant spécialisé dans l’automobile et [...]

  3. [...] Read the original article on Lièvre ou Tortue [...]

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