L’avenir a besoin du vélo !

Du 5 au 7 octobre  a eu lieu au Palais des Congrès de Dijon le 19ème Congrès annuel du club des villes et territoires cyclables. Gerard Mermet, sociologue, auteur de Francosopie ouvre la conférence plénière « Vélo 2030 > L’avenir a besoin du vélo ! ».

Il nous fait remarquer qu’en 10 ans nous avons à la fois changé de siècle, de millénaire, d’échelle, de vitesse, de monnaie et de climat. En effet dans une société où la population urbaine explose au fil des années, la ville est remise en question. Nous sommes ainsi passés des années 70  où régnaient des « barres » d’immeubles , des centres commerciaux et surtout la voiture, aux années 2000 qui laissent fleurir les zones piétonnes au cœur même de la ville et le vélo en libre service.

Le vélo en lui-même a aussi fait du chemin : on passe du codex de Léonard de Vinci en 1493 au vélo tout terrain nécessitant un nouveau milieu pour s’épanouir tout à fait, aboutissant à la création du club des villes et territoire cyclables en 1989.

 

source Wikipédia

L’émergence du « phénomène vélo » dépend cependant de son contexte : ces dernières années, la société  française est dominée par l’anémie ( problème de croissance et baisse de l’emploi) et anomie ( des valeurs disparaissent et le pessimisme national est récurrent).

Mais on n’arrête pas le progrès et malgré certaines inquiétudes et certaines résistances, le vélo et son évolution y prennent leur place.

Quelle est alors la place aujourd’hui pour le vélo dans ce contexte  ? Les chiffres parlent d’eux même :

-          21 millions de pratiquants (45 % des 4-65ans) dont 30  au moins une fois par semaine

-          Plus de 3 millions de vélos achetés/an

-          3 fonctions : transport, loisir et sport

-          3% des  déplacements français

-          75% en groupe, 25% en solo

-          14 000 km de voirie urbaine (+6 000 kms en 4 ans)

Et pour le futur ? Sa place dépendra principalement d’axes en perpétuelle évolution comme la démographie, l’économie, la société, les technologies et l’environnement mais aussi et surtout de la mise en place d’un programme de l’économie verte. Dès lors on peut dire que l’on passe de l’économie à  « l’écolonomie » en espérant passer de l’action simple au prosélytisme où chaque acteur est l’ambassadeur de la cause.

Si on fait une rétrospective de la mobilité, on observe que les siècles passés misaient beaucoup sur les machines volantes ou différentes sortes de trains électriques mais on ne trouve rien sur le vélo du futur.

Pourtant l’avenir a grandement besoin du vélo, notamment parce qu’il a des atouts indéniables : son autonomie, sa praticité,  sa rapidité, sa fluidité, son intérêt institutionnel, son potentiel mais aussi la santé, l’économie et l’écologie qu’il favorise.

Malgré tout, on observe également certains freins : l’insécurité, les incivilités notamment en ce qui concerne les relations avec les automobilistes, l’effort physique,  le confort limité,  la démographie (population vieillissante), le stationnement et le rangement. De même l’innovation semble limitée dans ce domaine mais Gerard Mermet nous laisse cependant quelques pistes de réflexion à travailler pour l’avenir comme :

-          favoriser la mobi-convivialité

-          faciliter le stationnement urbain

-          garantir une empreinte globale faible/nulle

-          organiser une véritable intermodalité

-          favoriser l’usage du vélo pour les courses

-          développer l’accès au travail

-          conduire une grande étude sur les utilisateurs

-          innover dans les fonctions comme la traction, le transport de charges, la communication et enfin la géolocalisation.

Il nous laisse donc les clés en main avec cette citation de Gaston Berger « l’avenir n’est pas à découvrir, il est à inventer », à vous donc de donner la place qu’il mérite au vélo du futur !

 

2 Résponses sur “L’avenir a besoin du vélo !”

  1. [...] un article précédent, j’évoquais les freins possibles à l’utilisation du vélo. Parmi eux le stationnement et le [...]

  2. Camille Pechoux dit :

    Les personnes à mobilité réduite (en situation de handicap, âgées…) ont de plus en plus de possibilités pour pouvoir faire du vélo (en mobilité, loisir ou sport).
    Il existe un certain nombre de vélos ou adaptations permettant une utilisation personnalisée.
    Certes, trouver le vélo adapté est une chose, mais il reste encore à pouvoir circuler et le stationner facilement.
    Je pense qu’il est intéressant d’intégrer ces utilisateurs dans la réflexion globale sur le développement du vélo.

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