Le fauteuil roulant électrique a été inventé pour les combattants mutilés de la 2nde guerre mondiale

Avant la Deuxième Guerre mondiale, la création d’un fauteuil roulant électrique n’avait guère connu de succès. Certes, des ingénieurs avaient doté des chaises roulantes pliables ordinaires de moteurs, mais leurs tentatives ne s’étaient pas avérées très fructueuses. C’est qu’en plus d’être malcommodes, ces chaises modifiées étaient dangereuses, et personne ne souhaitait voir de tels appareils semer la pagaille dans les couloirs des hôpitaux. Certains doutaient même de l’utilité de motoriser les fauteuils roulants.

La situation changea du tout au tout avec la Deuxième Guerre mondiale, car de celle-ci revint une nouvelle sorte d’ancien combattant. L’arrivée de la pénicilline permit en effet aux soldats de survivre à des blessures auxquelles ils auraient succombé autrefois. Cela signifiait aussi qu’un plus grand nombre de paraplégiques et de quadriplégiques retourneraient au pays et devraient composer avec la réalité de la paralysie. Les fauteuils qu’on faisait rouler à la main ne leur seraient d’aucune utilité.

George Klein, du CNRC, entreprit d’inventer un fauteuil électrique qui répondrait aux besoins de ces vétérans d’un nouveau genre. Il corrigea les imperfections des modèles antérieurs en augmentant la tension du moteur électrique et en remplaçant le système d’entraînement par deux autres fonctionnant indépendamment. Ces améliorations d’importance ne contentèrent pas le chercheur qui continua de perfectionner le modèle.

Durant ce processus, M. Klein et les membres de son équipe travaillèrent en étroite collaboration avec ceux-là mêmes qui utiliseraient l’appareil. Le chercheur tenait à ce que le produit final leur convienne. Les essais effectués par les malades, les suggestions de ces derniers et leurs commentaires servirent à guider les concepteurs.

Un patient, par exemple, ne pouvait remuer que la tête. On inventa donc un système de commande qui lui permettrait de diriger le fauteuil en appuyant de la joue plutôt que des mains. Avec un peu d’exercice, l’homme réussit à faire fonctionner l’appareil sans aucune aide, lui permettant ainsi d’acquérir une fantastique autonomie qu’il n’avait pas auparavant.

Les efforts de M. Klein n’aboutirent pas seulement au premier fauteuil roulant électrique d’une réelle commodité – invention qui changerait la vie de toutes les personnes lourdement handicapées, mais à une toute nouvelle façon de concevoir les aides médicales. En coopérant étroitement avec les futurs utilisateurs de son fauteuil roulant, M. Klein pava la voie aux technologies de la réadaptation tout en découvrant la remarquable endurance de l’esprit humain.

 

Article original sur www.nrc-cnrc.gc.ca

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