Le futur de l’automobile passe par une approche globale de la mobilité


Et c’est le PIPAME* qui le dit. Plus exactement, cet organisme interministériel s’est appuyé sur une étude prospective du BIPE et des experts pour dresser la « road map » de l’industrie automobile dans les 10 ans à venir. Les principales conclusions sont les suivantes :
Dans les pays développés, les comportements de mobilité évoluent sensiblement, ainsi que la « valeur » automobile. Traduction : la tendance à la croissance du nombre de véhicules-km pourrait s’inverser à plus ou moins longue échéance ; le véhicule particulier neuf n’est plus le marqueur social qu’il était il y a encore quelques années et le coût d’usage, voire le coût total, pèse de plus en plus lourd dans les décisions d’achat des individus.
Il faut aujourd’hui parler de « système automobile » et non pas seulement « filière automobile ». Face aux contraintes, chacun doit pouvoir s’organiser pour réaliser des économies d’énergie, tout en utilisant une panoplie large de véhicules et de services de mobilité. Pour ce faire, quatre leviers d’action devraient être explorés : les véhicules propres et économes bien sûr ; les politiques locales de déplacement et notamment un nouveau partage de la voirie, pour que des véhicules plus légers puissent s’insérer en toute sécurité dans le flot de la circulation ; les services d’automobiles partagés ; le développement accéléré de services numériques (embarqués ou personnalisés), qui constitueront la toile de fond et le support logistique de la mobilité de demain.

L’auto doit tenir compte de nouveaux territoires :
- les villes et centres-villes, marqués par une préférence nette pour les transports en commun, avec un développement possible de véhicules adaptés, électrifiés ;
- le périurbain, où cohabiteront largement transports collectifs et transports individuels, ce qui supposera une gestion multimodale permettant de passer d’un mode de transport à l’autre, en utilisant les TIC. Bien sûr, il y aura place pour la voiture propre et économe. Mais on assistera également à la multiplication de transports publics circulaires et du transport à la demande ;
- le milieu rural ou rurbain, où la voiture restera le mode de référence. Dans l’interurbain cependant, un maillage intermodal est à prévoir, par exemple entre TGV et voiture, y compris en location. Le consommateur achètera de plus en plus des « briques de mobilité », considérées comme autant de solutions à son problème de déplacement quotidien ou occasionnel.
Il n’y a de solution que dans le cadre d’une seconde révolution automobile : là où on vendait du rêve aux ménages, il faut s’évertuer à vendre – à la fois aux ménages et aux autorités – du transport économiquement supportable par la société. Ce qui passe par un changement prévisible dans la chaîne de valeur. Les constructeurs auront demain à partager le pouvoir avec d’autres opérateurs, porteurs d’innovation.
Par exemple, Altermove ?

*pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques

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