Le plus grand danger du vélo serait de ne pas en faire

L’Observatoire régional de santé Île-de-France a publié en septembre dernier une étude sur les bénéfices et les risques sanitaires d’une augmentation de la pratique du vélo d’ici 2020 dans la région Île-de-France. Cette étude fait partie d’une recherche européenne (projet TAPAS) et s’appuie également sur des partenaires de poids : l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et l’Irmes (Institut de Recherche bio-Médicale et d’Epidémiologie du Sport). Chargée de l’étude, Corinne Praznoczy expose des résultats clairs, crédibles et sans équivoque qui met en avant la pratique du vélo et explique que le plus grand danger du vélo serait de ne pas en faire.

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L’étude a établit différent scénarios concernant l’évolution de la part modale du déplacement en vélo en Île-de-France d’ici 2020.

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Pour les résultats qui vont suivre, les chercheurs ont choisi de se baser sur les deux premiers scénarios qui voient la part modale du vélo doubler voire quadrupler à l’horizon de 2020. Lorsque l’on voit en 2012 des villes comme Rennes, Grenoble et Toulouse avec une part modale vélo à 4% et même 8% pour Strasbourg, ces scénarios sont largement plausibles et ne nécessiteraient pas un trop gros effort individuel. En effet, on constate aujourd’hui que 42% des déplacements en voiture en Île-de-France correspondent à des trajets de moins de 5 kilomètres. Le troisième scénarios alternatif n’est pas pour autant extravaguant puisqu’il est déjà une réalité dans plusieurs villes européennes en Belgique, Pays-Bas, Danemark, Allemagne ou encore Italie.

A partir de ces scénarios, pourquoi serait-il plus dangereux de ne pas faire de vélo ? Corinne Praznoczy explique : « les bénéfices pour la santé sont très nets, de l’ordre de vingt fois plus élevés que les risques », et ce avec le scénario le plus prudent d’une part modale doublée, à 4% en 2020. Si la part des  déplacements à vélo quadruple, les bénéfices sont alors 24 fois plus élevés et si l’on atteint les 20% de part modale … il serait 27 fois plus dangereux de ne pas prendre un vélo !

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Ces résultats impressionnant s’expliquent en grande partie par les bénéfices du vélo liés à l’activité physique mais aussi par le phénomène dit de « masse critique » qui signifie que plus il y a de cyclistes sur la route, plus les accidents sont rares. Une étude danoise réalisée en juin 2000 estime en effet que «  la pratique du vélo dans les déplacements domicile-travail entraîne une réduction du risque de mortalité de 28%, après avoir pris en compte l’âge, le type d’emploi, le tabagisme, les activités physiques de loisirs et la corpulence. »

Alors concrètement que sont ces bénéfices ?

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Le vélo favoriserait les effets positifs sur la santé de son utilisateur grâce notamment à la réduction du stress causé par les véhicules motorisés mais surtout par l‘activité physique qu’entraîne sa pratique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime d’ailleurs que « le manque d’activité physique est à l’origine d’environ 600 000 décès par an dans la Région européenne de l’OMS (5 à 10% de la mortalité totale, selon le pays) et engendre chaque année une perte de 5,3 millions d’années de vie en bonne santé en raison d’un décès prématuré ou d’une incapacité ». De plus, faire du vélo est une activité très « complète » qui stimule à la fois l’activité cardiorespiratoire et sollicite aussi « les principaux groupes musculaires et particulièrement les cuisses, les mollets, l’abdomen, le dos, les bras et les épaules, ce qui permet la formation du tissu osseux pendant la croissance et le ralentissement de la perte osseuse à l’âge adulte », réduisant ainsi les risques d’arthrite, de diabète, d’obésité, d’hypertension , le mal de dos et développe également l’adresse et l’équilibre en améliorant la posture.

Côté risques, ils sont assez faibles, l’étude signale tout de même une exposition à la pollution atmosphérique ( risque plus élevé que l’accidentologie !), bien qu’un cycliste reste tout de même moins exposé à la pollution qu’un automobiliste à cause du manque de ventilation de l’habitacle. Mais ne vous méprenez pas, Corinne Praznoczy insiste sur le fait que ce risque « reste cependant négligeable vis-à-vis du bénéfice dû à l’activité physique » mais aussi au vélo lui-même qui sait vous rendre la vie plus belle et plus facile !  Par ailleurs, si de réelles mesures (nationales) sont prises pour limiter la vitesse et la circulation des voitures en centre ville et favoriser la pratique du vélo, cela ne pourrait qu’engendrer une baisse significative de cette pollution atmosphérique et donc du risque de maladies.

Les scénarios envisagés pour l’avenir du vélo en 2020 sont donc encourageants et crédibles mais «  à condition de poursuivre les politiques d’accompagnement. En effet, la pratique du vélo en Île-de-France n’aurait pas pu augmenter ces dernières années sans la mise en place d’aménagements cyclables et de Vélib’ qui a permis de réduire les freins liés aux problèmes de stationnement et au vol des vélos », précise Corinne Praznoczy. Il est donc vital de continuer et de favoriser les initiatives en faveur du vélo et pas seulement régionales mais surtout nationales pour que ce développement devienne une réalité et surtout un vrai changement de vie pour nos sociétés.

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Pour lire le rapport complet : http://www.ors-idf.org/dmdocuments/2012/RapportVeloBeneficesRisques.pdf.

Une Réponse sur “Le plus grand danger du vélo serait de ne pas en faire”

  1. Jérémy dit :

    Venir au taff en vélo, c’est un vrai plaisir, un régal, ça fait 4 ans … c’est vrai je ressent beaucoup moins de stress , de fatigue, depuis que je viens en vélo au boulot..c’est le top

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