Melbourne, le flop du vélo en libre service

Le porte-parole de l’organisme Bicycle Victoria, Garry Brennan, confiait il y a peu de temps «je ne dirais pas que c’est un échec, mais c’est certainement une déception».

Pourtant, presque toutes les conditions sont réunies à Melbourne pour la pratique du vélo : la ville est reconnue comme capitale sportive de plus de 4 millions d’habitants au relief plat. Mais malgré les 5,7 millions de dollars investis, le vélo en libre service BIXI de Melbourne n’a pas eu le succès escompté, même auprès des défenseurs du déplacement à vélo.

Le service a été mis en place voilà maintenant un an et les objectifs fixés sont très loin d’être atteints. Les transports en commun sont toujours autant surchargés alors que les vélos en libre service dépérissent accrochés aux arceaux des stations.

Plusieurs raisons expliquent cet échec. L’une d’elles et pas des moindres est la loi votée en juillet 1990 et qui impose le port du casque. Bien que le casque soit un équipement indispensable à la sécurité du cycliste, beaucoup refusent de le porter et comme l’indique le porte-parole de BIXI, Michel Philibert, cette loi «enlève la spontanéité de l’utilisation». L’imposition du port du casque implique de devoir en avoir constamment sous la main et de pouvoir le transporter aisément. Hors, un casque vélo ne rentre pas facilement dans une poche ou un sac à main. Depuis la mise en place de cette loi, la pratique du vélo chez les 5-17 ans aurait chuté de 36%. Et les conséquences du non port du casque sont plutôt sévères : en 1996, une femme enceinte de 40 ans a été arrêtée et mise en détention pendant 24 heures car elle ne voulait pas payer l’amende et c’est prêt de 20 000 infractions qui ont été recensées par la Police en 2003. De quoi sans contestation décourager les cyclistes et dissuader ceux qui souhaiteraient s’y mettre.

Autre point qui n’a pu favoriser un bon lancement du vélo BIXI : il a été lancé en juin, et en Australie, le mois de juin correspond au début de l’hiver et à des températures inférieures à 10°C, voire à 5°C. Pour finir, la ville de Melbourne est très étendue, et rejoindre un point à un autre à vélo n’est pas toujours évident, surtout que le nombre de stations est concentré dans le centre et celles-ci sont encore peu nombreuses.

Le contrat se termine en 2013 et pour le moment aucune information n’est divulguée sur la reconduction ou pas de ce service.

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