Salon du Bourget : les compagnies aériennes se tournent vers les biocarburants

Salon du Bourget: les compagnies aériennes se tournent vers les biocarburants
Les avions plus « propres » intéressent un nombre croissant de compagnies aériennes qui y trouvent également leur compte sur le plan économique

Alors que le prix du baril de pétrole ne cesse d’augmenter, l’édition 2011 du Salon du Bourget (Seine-Saint-Denis) confirme la tendance : les avions moins énergivores et donc moins polluants ont le vent dans le dos. EADS a par exemple présenté un projet ambitieux, le Zehst, un avion hypersonique promis à battre tous les records en termes de propreté mais dont on a vu qu’il ne sera pas commercialisé de sitôt.

Les défenseurs de l’environnement ont cependant de quoi patienter. Outre la présentation aujourd’hui au Salon d’un dirigeable nouvelle génération « vert », nombreux en effet sont les aéronefs qui permettent de réduire les émissions de CO2 en consommant nettement moins de kérosène. L’Airbus A320 NEO est de ceux là, lui qui permet une économie de carburant de 15% par rapport aux versions actuelles bienvenue en ces temps où l’or noir devient, dans tous les sens du terme, de moins en moins accessible  (NDLR : la facture de pétrole a augmenté de 26% l’année dernière et devrait encore augmenter de 30% cette année). D’autres innovations aéronautiques attirent aussi l’attention, ainsi le Solar Impulse, très attendu mais qui demeure pour le moment cloué au sol en raison de conditions météorologiques défavorables. Le Gulfstream G450, lui, a effectué samedi le premier vol transatlantique propulsé au biocarburant en reliant Morristown (Etats-Unis) au Bourget.

au salon du bourget les biocarburants et le solar impulse volent la vedette

Alimenté pour moitié au Green Jet fuel, un carburant issu d’huile de cameline, cet avion est promis à un bel avenir. La traversée de ce week-end a en effet permis d’économiser 5,5 tonnes de rejets carbone par rapport à un vol « classique » et les biocarburants ont été homologués il y a deux semaines, ce qui signifie qu’ils peuvent désormais être mélangés à hauteur de 50% avec du kérosène pour propulser les avions de ligne. Très apprécié par certaines compagnies, en particulier par la Lufthansa, le jatropha est cependant décrié par certaines associations de protection de l’environnement selon lesquelles son impact écologique réel est aujourd’hui grandement sous-estimé. L’ONG Les Amis de la Terre, elle, s’inscrit en faux contre l’objectif fixé par la Commission européenne, à savoir 2 millions de tonnes d’agro-kérosène par an d’ici 2020. « Pour cela, près de 3,5 millions d’hectares pourraient être nécessaires, soit la taille de la Belgique », estime l’association.

La généralisation d’essences alternatives élaborées à partir d’algues pourrait en revanche mettre tout le monde d’accord eu égard au fait qu’elles poussent dans des zones désertiques avec de l’eau non potable. Leur production est donc sans impact sur l’agriculture. Airbus a déjà tenté le coup avec un vol d’essai d’un Diamond DA42 dont les réservoirs ont été intégralement remplis avec un biocarburant à base d’algues de culture. Il faudra cependant prendre son mal en patience d’ici à ce que Bruxelles fasse le lit de biocarburants irréprochables sur le plan environnemental.

 

Crédits photos : flickr- Abdallahh / Wikimedia commons – Matth1
Article original sur www.zegreenweb.com

Laisser une commentaire

*