Vancouver deviendra t-elle la ville la plus verte du monde en 2020 ?

une_vancouver_110406

A peine remise des Jeux Olympiques d’hiver, la ville de Vancouver s’est lancée un nouveau défi. Et pas des moindres puisque la canadienne rêve de devenir la ville la plus verte du monde d’ici 2020. Celle qui a été désignée « ville la plus agréable du monde » en 2009, d’après un classement de The Economist a plus d’un atout pour y parvenir. Au premier titre desquels l’implication de ses habitants.

Une ville verte avant l’heure


L’objectif est simple mais le travail pour y parvenir est colossal. « Certains objectifs seront plus difficiles à atteindre que d’autres. Il est important que nous restions conscients que d’atteindre un ou deux de ces objectifs ne fera pas de Vancouver la ville la plus verte du monde », avertit Amanda Mitchell, chargée de projet dans l’équipe du Greenest City Planning. Evidemment, la compétition n’a rien d’officiel même si pour ses initiateurs elle doit inspirer et motiver d’autres villes à rejoindre le mouvement et donner un tout autre sens à son action.
La capitale de la Colombie-Britannique dispose d’atouts considérables pour tenir les objectifs qu’elle s’est fixés. « Il y a une vraie volonté politique, le soutien de la population, une équipe très impliquée et dans l’histoire de la ville, l’environnement a toujours occupé une place de choix ». La topographie de la ville, enclavée sous les montagnes a d’ailleurs contribué au développement d’énergies vertes, comme un solide réseau de centrales hydroélectriques ou un système d’alimentation en eau douce par gravitation. Du côté des transports, la ville se gausse d’avoir une tradition consistant à refuser automatiquement tout projet d’autoroute, tant que toutes les autres solutions de transports n’ont pas été envisagées.

corps_vancouver_110406

L’impulsion politique du plan vert

L’histoire de ce challenge a commencé début 2009, lorsque le maire Gregor Robertson, élu un an plus tôt grâce à un programme environmentally friendly, a réuni autour de lui un panel de personnalités influentes dans le milieu de l’environnement. Cette équipe du « Greenest City Action » avait pour mandat de définir les bases de ce qui allait devenir le futur plan d’action. Les discussions ont abouti à deux rapports, le premier définissant des actions à mettre en œuvre dans les deux premières années et le second, sobrement intitulé « Vancouver, un futur vert et brillant », regroupant les fameux 10 objectifs à atteindre, accompagnés d’une myriade d’idées pour les concrétiser. Un an plus tard, le conseil municipal adoptait le plan et créait dix groupes de travail, un par objectif, composés de 60 agents de la ville provenant de différents départements et entourés par des entrepreneurs, des chercheurs, des associations… impliquant au total plus de 100 organisations différentes.

En toute logique, les actions prioritaires ont été mises en place depuis deux ans : un programme de compostage à destination des habitants, un jardin collectif à l’hôtel de ville, une offre pour booster l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures des maisons… Mais « l’un des meilleurs exemples est le projet de déconstruction que nous pilotons. Au lieu de démolir des maisons et d’envoyer les matériaux à la décharge, la ville travaille avec des partenaires pour les récupérer tout en créant en parallèle des opportunités d’emplois pour des gens qui en sont éloignés », raconte Amanda Mitchell. Sachant que 750 maisons sont détruites à Vancouver chaque année, entraînant dans leur chute la mise au rebut d’environ 40 tonnes de matériaux, pour chacune d’entre elles.

corps_vancouver2_110406

La participation citoyenne avant tout

Le point le plus délicat d’un plan municipal lancé à une telle échelle est l’adhésion des habitants. « Le dialogue avec le public n’est pas suffisant, nous avons besoin d’action publique », annonce Amanda Mitchell. La ville a donc également lancé le « Greenest City Neighbourhood Grants », un fonds pour promouvoir les initiatives populaires et collectives les plus innovantes, affectées de subventions allant de 2 000 à 25 000 $ par projet sélectionné. Et l’engagement des habitants est essentiel pour parvenir à tenir les plans établis : « si chaque personne vivait comme un Vancouverite, nous aurions besoin de trois planètes pour subvenir à nos besoins ». Le 5 mars dernier, l’équipe en charge du projet a organisé un Greenest City Camp qui a rassemblé 230 citoyens, dont certains se sont revus pour poursuivre les discussions.
Cette émulation est également perceptible sur le site Talk Green Vancouver, dont le forum comptabilise déjà plus 726 idées citoyennes. « Pour moi, l’idée la plus innovante serait la suggestion qui a été faite de transformer les jeux pour enfants de manière à ce qu’ils puissent générer de l’énergie », glisse Amanda Mitchell.  Les jeunes générations ne sont pas d’ailleurs pas oubliées puisque la Vancouver Foundation va très prochainement remettre ses Generation Green Awards. Vancouver, qui fête cette année ses 125 ans, met en tout cas tout en œuvre pour marquer d’une croix verte l’histoire de la ville durable.

 

Lien vers le site d’origine de l’article : www.innovcity.fr

Laisser une commentaire

*